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Discussion à Pointe-Saint-Charles sur la nouvelle politique de soutien à domicile

Via Nouvelles d’ici

Le mémoire de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles est ici.

Le 29 octobre dernier, la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles (CCPSC) a organisé une conférence de presse portant sur la politique nationale à venir en matière de soins et soutien à domicile. Plusieurs dizaines de personnes ont assisté à l’événement qui s’est déroulé au Pavillon des aînés de Pointe-Saint-Charles.

La politique actuelle de soutien à domicile Chez soi : Le premier choix date de 2003 et a été actualisé en 2023. Cette dernière ne répond pas aux besoins croissants d’une population vieillissante, selon le CCPSC. Selon Radio-Canada, plus de 19 000 personnes étaient sur une liste d’attente pour recevoir des services en 2024.

Une politique qui ne saurait tarder

En novembre 2024, Sonia Bélanger, la ministre responsable des aînés, annonçait son intention de déposer une nouvelle politique nationale de soutien à domicile et un plan d’action au cours de la prochaine année. Selon la CCPSC, Mme Bélanger n’a pas fait de consultations publiques dans le cadre de cette réforme, et n’a plutôt choisi de consulter que des partenaires publics, ministères, entreprises d’économie sociale, chercheurs, organismes communautaires et entreprises privées triées sur le volet.

Les responsables de la CCPSC trouve que cette façon de faire aurait limité le droit de parole des citoyens et citoyennes, ce qui les inquiète. Ces derniers ont donc formé un comité de travail en collaboration avec des représentants de plusieurs organismes communautaires pour se pencher sur ce projet de réforme.

La CCPSC voit en effet poindre à l’horizon l’hospitalisation à domicile et un recours plus important aux proches-aidants pour des tâches de soins. Le comité entrevoit aussi que les organismes communautaires pourraient devenir des prestataires de soins pour le maintien à domicile des personnes aînées.

Payer pour des services actuellement gratuits ?

Ariane Carpentier, organisatrice communautaire à la CCPCS, explique que le gouvernement envisage une contribution financière des bénéficiaires des services de maintien à domicile. Un financement axé sur le patient créerait, selon elle, des disparités de services entre les régions et accentuerait l’écart entre les personnes en fonction de leurs moyens financiers.

Actuellement, les services auxiliaires des CISSS et des CIUSSS sont privatisés. Contrairement aux soins médicaux et hospitaliers couverts par la Loi canadienne sur la santé, l’accès au soutien à domicile sans frais supplémentaires n’est pas garanti. Le groupe de travail considère que les CLSC devraient assumer tous les services de maintien à domicile. Pour ce faire, il faudrait investir massivement dans le soutien à domicile, ce que la nouvelle politique nationale ne prévoit pas, selon la CCPSC. L’argent donné aux services et soins privés devrait revenir aux CLSC. C’est l’accessibilité universelle aux soins qui est remise en question par le financement axé sur le patient.

Présentement, le recours aux services privés occupe une place prépondérante : « Pour 2023-2024, en aide à domicile de longue durée, ce sont désormais à peine 12,5 % des heures de services qui sont données directement par du personnel public. La majorité des heures (51 %) est maintenant offerte par une diversité de fournisseurs privés, et un peu plus du tiers (36,5 %) par du personnel du programme du chèque emploi-service ».

Les présentateurs, de gauche à droite : Valérie Drain, directrice des soins CCPS, Ariane Carpentier, organisatrice communautaire CCPS, Stéphane Defoy, organisateur communautaire CCPS et Geneviève Lamarche de la Coalition solidarité santé. Crédit photo – Francine Campeau

Les présentateurs, de gauche à droite : Valérie Drain, directrice des soins CCPS, Ariane Carpentier, organisatrice communautaire CCPS, Stéphane Defoy, organisateur communautaire CCPS et Geneviève Lamarche de la Coalition solidarité santé. Crédit photo – Francine Campeau

Pour une gestion décentralisée et démocratique

Historiquement, les CLSC géraient localement le soutien à domicile et avaient des conseils d’administration élus sur lesquels siégeaient des citoyens et citoyennes. Les réformes successives en santé, particulièrement celle du ministre Gaétan Barrette en 2015, ont centralisé la gestion des services et affaibli l’autonomie locale. La création de Santé Québec en 2024 accentue ce phénomène.

Valérie Drain, directrice des soins infirmiers à la CCPSC explique que « la nouvelle politique vient fragiliser le droit au maintien à domicile dans la dignité et la sécurité » et que « les listes d’attente obligent à limiter le nombre de visites par client. Il y a eu une augmentation des besoins populationnels de 30% depuis la pandémie ».

Une politique comme celle annoncée, qui vise la performance et l’économie, ajoute de la pression sur le personnel et augmente la charge de travail administratif. Déjà, « un intervenant ne peut faire que deux à trois heures de visites à domicile par jour. Le reste c’est pour la paperasse », ajoute-t-elle.

Le groupe de travail prône un retour aux conseils d’administration composés d’usagers, de personnel et de gestionnaires dans les CLSC. Cette forme de gestion décentralisée du soutien à domicile aurait plusieurs avantages dont l’agilité et la souplesse nécessaire pour répondre aux situations locales, renforcer la confiance des citoyens et citoyennes dans le système de santé et mieux coordonner les services de proximité.

La prévention a bien meilleur goût

L’intégration d’une approche préventive de proximité avec un financement spécifique pourrait assurer une meilleure réponse aux besoins de santé et services sociaux en soutien à domicile, selon les conclusions du groupe de travail. Agir en amont des problématiques permettrait de prévenir le déconditionnement et de soutenir le maintien des capacités fonctionnelles et sociales des personnes à domicile.

Le groupe de travail fait trois grandes recommandations, espérant influencer la politique à venir de la Coalition Avenir Québec (CAQ) :

  • Investir massivement dans les services de soutien à domicile
  • Revenir à une gestion décentralisée et démocratique via les CLSC
  • Avoir une pratique de prévention des besoins et de promotion de la santé

Le comité a lancé une pétition pour soutenir leur prise de position collective. Plusieurs groupes en sont déjà signataires.

La conférence de presse a été suivie d’une période de questions puis d’une présentation de la recherche de Anne Plourde, chercheuse à L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

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